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« La demande en bioéthanol est là pour durer »

Selon la Collective du bioéthanol, la consommation française globale de bioéthanol en 2025 a progressé de 15 % par rapport à 2024.

La Collective du bioéthanol espère que l’éclaircie règlementaire en passe de se concrétiser en 2026 donnera des perspectives solides à la production française de bioéthanol. Celle-ci ne couvre aujourd’hui qu’environ 60 % de la consommation, qui elle ne cesse de progresser.

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La demande en bioéthanol « est là pour durer », assurait le 3 février 2026 Sylvain Demoures, secrétaire général de Bioéthanol France et porte-parole de la Collective du bioéthanol, qui organisait sa conférence de presse annuelle. Il faut dire que l’organisation se réjouit de deux « bonnes nouvelles » réglementaires en 2025.

L’idée de mettre fin à la vente de véhicules neufs à moteur thermique, imaginée un temps par la Commission européenne à l'horizon de 2035, est finalement laissée de côté. « C’est un premier pas dans la bonne direction, a souligné Sylvain Demoures. Cela garantit une forme de maintien de la consommation de bioéthanol » puisque les nouveaux véhicules hybrides rechargeables ou thermiques, encore autorisés, pourront fonctionner au superéthanol E85.

Carburants de première génération

Reste qu’à l’heure actuelle, la proposition de la Commission européenne écarte de sa règlementation les biocarburants de première génération, c’est-à-dire produit à partir de biomasse agricole concurrençant le débouché alimentaire. Pourtant à l’échelle européenne, « environ 90 % des biocarburants produits sont de première génération, et peut-être même un peu plus en France », a fait remarquer Sylvain Demoures. Ce dernier a toutefois bon espoir que le Conseil et le Parlement européens rectifient le tir lorsque le texte sera entre leurs mains.

Autre bonne nouvelle, à l’échelle française cette fois, le maintien de la fiscalité avantageuse sur le superéthanol -E85 adopté dans la loi de finances, après avoir été un temps sur la sellette.

La consommation progresse de 15 %

En attendant en 2025, « la consommation française globale de bioéthanol a progressé de 15 % par rapport à 2024 » pour atteindre quelque 19 millions d’hectolitres, s’est réjoui Nicolas Kurtsoglou, également porte-parole de la Collective du bioéthanol. Une croissance portée par celle de l’essence, qui continue de ravir des parts de marché au diesel, et à « la maximisation de leur contenu en éthanol », explique l’organisation.

La France n’est donc pas autosuffisante, puisqu’elle produit entre 10 et 12 millions d’hectolitres chaque année. Un volume stable depuis une vingtaine d’années, limité par les capacités de production qui n’ont pas augmenté depuis. « On aimerait faire mieux. Pour cela, il est essentiel que la règlementation soit clarifiée pour donner des perspectives aux investissements, et elle le sera dans les prochains mois », a commenté Sylvain Demoures.

La consommation de superéthanol E85 reste, quant à elle un peu en deçà de 2024, mais « proche de son plus haut niveau historique de 2022, et représente 34 % [du bioéthanol] utilisé en France », poursuit la Collective. Cette légère baisse pourrait s’expliquer par le « boom extraordinaire » déjà observé en 2022, et par le renouvellement du parc avec « de nouveaux véhicules qui consomment moins », expliquait Sylvain Demoures.

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